mardi 17 avril 2012

Chine : le nouveau défi d’Anelka

Décidément, il n’arrêtera jamais de surprendre son monde. Nicolas Anelka a dirigé hier matin sa première séance en tant que nouvel entraîneur du Shanghai Shenhua, le club chinois où il a débarqué en janvier en provenance de Chelsea (Angleterre), pour 230 000 € par semaine.

Comme nous le révélions hier, l’ancien paria du football français a donc pris la place de Jean Tigana, écarté sans ménagement après un début de saison médiocre (deux victoires en cinq matchs de Super League) et une triste 11e place au classement (sur seize équipes). Ses trois adjoints — Baptiste Gentili, Marc Lévy et Roger Propos — ont également été démis de leurs fonctions sans discussion.

Nicolas Anelka manageur, peu de gens auraient parié sur cette éventualité. « C’est un nouveau départ pour le club, a déclaré hier l’ex-attaquant des Bleus. Etre entraîneur et être joueur sont deux choses différentes, mais j’aurai sur le terrain un meilleur contact avec mes partenaires. Et j’espère pouvoir mener l’équipe à la victoire demain (NDLR : aujourd’hui) », alors que se profile un premier test à domicile face à Tianjin Teda.

Le Français, 33 ans, a répondu positivement à la demande de son président, le milliardaire Zhu Jun, passablement agacé par les mauvais résultats et les méthodes de Tigana qui ne passaient pas auprès du groupe. Le club devrait d’ailleurs confirmer rapidement le départ définitif du natif de Bamako. Des négociations sont en cours. Anelka, lui, aurait six mois (et plus si affinités) pour faire ses preuves et ramener le Shenhua dans la course au titre.

Selon son agent Doug Pingisi, cette décision « a été mûrement réfléchie. Nicolas avait vraiment envie d’entraîner. Le président lui a proposé le poste et il a tout de suite été motivé. Il aime le jeu, la tactique, et a une super relation avec le groupe. C’était une opportunité idéale pour commencer une carrière d’entraîneur. »

Hier, Anelka a enfilé son nouveau costume et s’est adressé, en anglais, à son groupe, diffusant un message positif. Il était entouré d’une partie de son nouveau staff technique, celui qu’il a choisi : l’ancien attaquant du PSG Alioune Touré et l’ex-adjoint du Congo Florent Ibenge étaient déjà là, en attendant les arrivées aujourd’hui d’Ian Walker, ancien gardien international anglais, et de Younousse el-Bouhssaini, vieille connaissance du Paris Saint-Germain, chargé de la préparation physique.

Anelka a préparé lui-même le contenu de la séance : beaucoup d’exercices avec ballons et de jeux. Il a également participé aux ateliers, puisqu’il reste bien sûr le capitaine, avant-centre et meilleur joueur de cette équipe. Il tient à s’inspirer des trois manageurs qui l’ont le plus marqué dans sa carrière : Arsène Wenger, Kevin Keegan et Carlo Ancelotti. « Il a beaucoup appris auprès d’eux. Il veut un jeu porté vers l’offensive, qui lui correspond bien », poursuit l’agent du joueur. Anelka, qui se veut un véritable manageur à l’anglaise, travaillera également sur la formation, le recrutement et la stratégie de développement du club. S’il n’a jamais eu peur des nouveaux défis, celui-là est, de tous, le plus inattendu.

Tigana n'est «au courant de rien»

Au lendemain de sa mise à l'écart du poste d'entraîneur de Shanghai Shenhua et son remplacement par Nicolas Anelka, Jean Tigana est dans le flou. « Je n'ai absolument rien à vous dire pour le moment (...) parce que même moi je ne sais pas, a juste indiqué l'ancien international tricolore. J'attends des courriers du club, je ne suis au courant de rien » Tigana reste néanmoins officiellement l'entraîneur du club chinois qui n'a remporté que deux des cinq matchs disputés depuis le début de championnat.

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